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dawance
Inscrit le: 06 Nov 2007 Messages: 1899 Lieu: Ardenne (belge)
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écrit le Monday 27 Feb 23, 18:22 |
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| Citation: | | Bernd Heinrich, biologiste et universitaire, ayant occupé quelques-uns de ses hivers, dans le Maine, à observer les corbeaux, en rapporta un ouvrage passionnant, Ravens in Winter, Corbeaux en hiver, publié en 1990. Bernd Heinrich se posta en observation, dans la neige et la solitude. C’est au Corvus corax qu’il s’intéresse. Membre de la famille des corvidés (liés aux oiseaux de paradis), il se trouve en Europe, en Asie et en Amérique du Nord.En Irlande, on l’associe à la sagesse (la « sagesse du corbeau »). Bernd Heinrich cite également quelques traces de cet oiseau dans la littérature vieil-anglaise (du septième siècle à 1066). Dans le poème concernant Judith (vers 205-211), il y est « le sombre corbeau, l’oiseau avide de massacres » [2]. On le retrouve dans La bataille de Brunanburh : « Ils laissèrent derrière eux, pour se délecter des cadavres, l’oiseau paré d’ombre, le noir corbeau, au bec cornu. » Il apparaît dans Beowulf (vers 3021-27), comme « le corbeau noir, avide de ceux qui sont condamnés ». Heinrich note qu’en anglais « ravenstone » désigne un lieu d’exécution | NB: Corvus corax est dit le Grand Corbeau, par opposition à l a corneille noire, bien plus présente: C'est au grand Corbeau que le garde-chasse offre les abats du gibier de la battue.
Voici encore quelques précisions sur cet oiseau mythique (ou emblématique ):
| Citation: | | Le Grand Corbeau est le plus grand passereau au monde. Pour prendre une comparaison, il est plus grand et plus lourd qu'une Buse variable (rapace) et a une envergure supérieure. Il est donc nettement plus grand que le Corbeau freux ou la Corneille noire auxquels il ressemble superficiellement. Le plus souvent, lorsqu'il est en vol, on le repère d'abord à sa voix, particulière, puis à sa silhouette, elle aussi particulière avec les longues ailes et la longue queue cunéiforme. Le Grand Corbeau n'est pas avare de sa voix. Quand il est présent à un endroit, on ne peut le manquer à plus d'un km à la ronde. Le cri est le plus souvent doublé. Il a valeur territoriale, entre autres. |
D'expérience, je peux dire que ce cri marquant sa présence territoriale est impressionnant, surtout quand vous cueillez gentiment des champignons. (Il se fait que la forêt de Freyr abrite quelques exemplaires de cet oiseau mythique, surtout en Amérique du Sud; il est rare en Belgique et peu apprécié depuis le Moyen-Age)
Ecore quelques détails tirés de cet excellent site oiseaux.net: | Citation: | Le Grand Corbeau est un omnivore, très porté sur la nécrophagie (charognes). C'est un bon observateur de son environnement et des ressources disponibles.
Un peu comme le ferait un milan, il recherche les cadavres d'animaux tués sur la route. Il fréquente régulièrement les tas de fumier actifs, les décharges là où elles existent encore, les épandages.
Il surveille attentivement les mises-bas d'animaux domestiques en nature, les agnelages par exemple, pour consommer les placentas, voire les nouveaux-nés si morts nés. C'est la raison pour laquelle il n'est pas bien vu des agriculteurs.
C'est aussi un prédateur, capable de capturer petits vertébrés et invertébrés au sol, un peu comme une Corneille noire. |
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Papou JC
Inscrit le: 01 Nov 2008 Messages: 11337 Lieu: Meaux (F)
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écrit le Saturday 30 Aug 25, 5:18 |
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C'est aujourd'hui la Saint Fiacre (corbeau en gaélique, avec de nombreuses variantes).
Pour en savoir plus, voir la bonne page Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fiacre_(saint) |
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rejsl Animatrice
Inscrit le: 14 Nov 2007 Messages: 3709 Lieu: Massalia
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écrit le Saturday 30 Aug 25, 11:10 |
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| Quel rapport avec le corbeau ? |
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Papou JC
Inscrit le: 01 Nov 2008 Messages: 11337 Lieu: Meaux (F)
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écrit le Saturday 30 Aug 25, 12:11 |
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| Fiacre (Fiacrius, Frefus, Fèfre, Fèvre ; en gaélique : Fiachra, Fiachrach, Fiach, le corbeau) (Wikipedia) |
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Cligès
Inscrit le: 18 Jul 2019 Messages: 926 Lieu: Pays de Loire
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écrit le Tuesday 28 Oct 25, 19:19 |
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| Xavier a écrit: | Le corbeau vient du latin populaire *corbellus, diminutif de *corbus.
Ce terme doit être une variante du latin corvus, d'où l'italien corvo.
corbeau comme oiseau : on avait un corbel, un oisel
En ancien français : corp
En provençal : corb |
C'est un détail, mais il faut être précis parce que l'IA se nourrit de tout ce que l'on écrit...
corvu(m) a en effet donné corb ou corp en AF. Mais il existe par ailleurs les formes à diminutif corbel, corbin (cf. l'arme appelée bec de corbin) et corbat ; tous ces diminutifs n'ont pas nécessairement un étymon précis en latin vulgaire. Bien sûr, ce type de suffixes vient du latin, mais ceux-ci (et d'autres : qu'on songe à -et(te) ont été utilisés pour former des mots nouveaux au niveau du français. On dit qu'ils sont devenus productifs. On ne saurait ainsi poser un étymon comme **pipionellu(m) pour expliquer le mot pigeonneau...
Pourquoi tant de diminutifs pour notre mot ? Peut-être pour distinguer les variétés nombreuses de cet oiseau... Il peut aussi y avoir une explication proprement phonétique : la langue française (du Nord) a fait subir aux étymons une forte érosion phonétique, réduisant nombre d'entre eux à des monosyllabes, dont certains ont pu paraître peu distincts ou peu satisfaisants à l'oreille. Qu'on songe à ape(m) qui a donné ep, ef, es... dans de nombreux dialectes du Nord. Le français central a finalement emprunté au provençal le mot abeilha , tiré de *apicula, forme latine à suffixe, et en a fait abeille. Force est de reconnaître que le nom de l'insecte acquérait ainsi beaucoup plus de personnalité !
Dernière édition par Cligès le Wednesday 29 Oct 25, 16:01; édité 1 fois |
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Papou JC
Inscrit le: 01 Nov 2008 Messages: 11337 Lieu: Meaux (F)
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écrit le Wednesday 29 Oct 25, 9:25 |
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| Cligès a écrit: | | Pourquoi tant de diminutifs pour notre mot ? Peut-être pour distinguer les variétés nombreuses de cet oiseau... Il peut aussi y avoir une explication proprement phonétique : la langue française (du Nord) a fait subir aux étymons une forte érosion phonétique, réduisant nombre d'entre eux à des monosyllabes, dont certains ont pu paraître peu distincts ou peu satisfaisants à l'oreille. Qu'on songe à ape(m) qui a donné ep, ef, es... dans de nombreux dialectes du Nord. Le français central a finalement emprunté au provençal le mot abeilha , tiré de *apicula, forme latine à suffixe, et en a fait abeille. Force est de reconnaître que le nom de l'insecte acquérait ainsi beaucoup plus de personnalité ! |
Un autre exemple fameux est celui des noms du sureau, dont Littré dit ceci :
| Citation: | | Le lat. est sambucus, donnant le prov. sambuc, le portug. sabugo et l’ital. sambuco. Mais à côté est sabucus, qui a donné régulièrement l’ancien français seü. Les patois y concordent : Berry, seû, seue, suis, suyau ; wallon, sawe, sawon, sahon ; namur. seusse ; picard, séu ; poitou, seu ; génev. saü, saiu ; vaudois, suau, sahu, sau ; Franche-Comté, saivu, seu ; normand et Maine, seur. Comment les patois ont-ils de seu fait seur, par l’addition d’une r, on ne le sait ; mais le fait est là. De seur il a été facile de passer au diminutif sureau ; on y a passé dès le XIVe siècle. | .
(Extrait de mon article publié en novembre 2014 dans le nº 139 de la revue Connaissance hellénique, en ligne : https://ch.hypotheses.org/1015. Voir sambucus) |
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embatérienne Animateur
Inscrit le: 11 Mar 2011 Messages: 3956 Lieu: Paris
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écrit le Wednesday 29 Oct 25, 10:29 |
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| Papou JC a écrit: | | Comment les patois ont-ils de seu fait seur, par l’addition d’une r, on ne le sait |
Peut-être sous l'influence des adjectifs sur, suret, en raison du goût légèrement acidulé des baies de sureau. |
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Cligès
Inscrit le: 18 Jul 2019 Messages: 926 Lieu: Pays de Loire
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écrit le Wednesday 29 Oct 25, 16:35 |
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| Oui, c'est l'hypothèse que font les étymologistes fiables. |
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