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yves
Inscrit le: 07 Aug 2007 Messages: 397 Lieu: Nevers
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écrit le Wednesday 30 Apr 08, 16:41 |
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| Jacques a écrit: | | si jamais vous allez à Londres |
J'ai l'impression que le mot "jamais" n'est pas toujours bien compris lorsqu'il n'est pas dans une phrase négative. Peut-être pas celle citée, mais parfois, je suis obligé de reformuler pour qu'il n'y ait pas d'ambiguïté.
Comme pour "rien", "jamais" est en train de devenir uniquement négatif par lui-même, le "ne" étant généralement omis à l'oral.
Par contre, dans certaines phrases, le prendre pour négatif alors qu'il ne l'est pas ne fausse pas complètement le sens. |
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ElieDeLeuze
Inscrit le: 14 Jun 2006 Messages: 1622 Lieu: Allemagne
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écrit le Wednesday 30 Apr 08, 17:05 |
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| Nikura a écrit: | Romanche: la négation est également double, on utilise la particule "buc" après le verbe. |
Il faut faire une distinction en romanche:
Romanche sursilvan = buc postposé. C'est comme le pas de la langue parlée en français.
Romanche surmeiran = double particule concervée sous la forme na... betg.
Romanche ladin (Engadine) = seul nu antéposé sans renforcement.
Du coup, le Rumantsch Grischun a décidé de garder la forme double, pour que tout le monde s'y retrouve, mais dans la pratique, les Engadinois oublient volontiers le betg. |
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Zwielicht
Inscrit le: 30 Jan 2007 Messages: 1227 Lieu: la rencontre des eaux
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écrit le Wednesday 30 Apr 08, 17:58 |
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| Jacques a écrit: | angl. never = not + ever
I will not do this, ever ; I'll never do it : je ne ferai jamais cela, je ne le ferai jamais. | La confusion entre never et ever chez ceux qui ne maîtrisent pas encore bien l'anglais peut être illustrée par une anecdote concernant le groupe rock finnois Hanoi Rocks.
En 1981 ils ont enregistré une chanson intitulée Don't Never Leave Me, parue sur leur premier album. C'est une utilisation fautive de never, puisqu'il y a déjà une négation dans la phrase. C'est comme dire Je veux que tu ne me quittes jamais pas. Trois albums plus tard, en 1984, le groupe a connu un certain succès notamment aux États-Unis et en Angleterre, et ils décident de ré-enregistrer cette chanson. Probablement mieux avisés, et bénéficiant d'une meilleure maîtrise de l'anglais, ils la ré-intitulent Don't You Ever Leave Me, ce qui est l'usage correct (Je veux que tu ne me quittes jamais). En fait, malgré un titre fautif, le refrain a toujours dit (en 1981 comme en 1984):
don't you ever leave me babe
don't you ever leave me now
don't you ever leave me babe
if you leave me you will kill me now
Une autre correction potentielle est que la référence à Times Avenue (1981) a été remplacée par Lexington Avenue (1984). Je ne crois pas qu'il y ait une avenue Times qui soit célèbre.. les Finlandais pensaient peut-être à Times Square. |
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Gaillimh

Inscrit le: 12 Nov 2005 Messages: 366 Lieu: Aberdeen (Ecosse)
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écrit le Wednesday 30 Apr 08, 18:39 |
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| Citation: | Jacques a écrit:
angl. never = not + ever
I will not do this, ever ; I'll never do it : je ne ferai jamais cela, je ne le ferai jamais. |
c'est vrai du point du vue sémantique. Mais étymologiquement, never est composé du marqueur dvieil-anglais e la négation ne et de ever, not étant apparu bien plus tard dans l'histoire de l'anglais comme une évolution de nawiht. L'atteste l'exemple suivant:
hie næfre his banan folgian noldon (Anglo-Saxon Chronicle)
they never his murderer? wanted neg-follow
'They never wanted to follow his murderer'
En vieil-anglais et en moyen anglais, la particule ne pouvait être cliticisée (rattachée) à un mot si celui-ci commençait par une voyelle un <h> ou un glide (w):
ne æfre -> næfre jamais
ne habbe -> nabbe n'ai pas
ne ane -> nane personne
ne wilst -> nilst ne veux
ne is -> nis isn't
ne was -> nas was not |
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hvor
Inscrit le: 04 May 2005 Messages: 367
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écrit le Wednesday 30 Apr 08, 21:28 |
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(d'un ton ironique)
"Ouais c'est ça"
"Yeah right"
Peut-on dire que dans ces cas, 2 affirmations donnent une négation? |
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Zwielicht
Inscrit le: 30 Jan 2007 Messages: 1227 Lieu: la rencontre des eaux
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écrit le Thursday 01 May 08, 16:59 |
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Gaillimh: Je me demande toutefois d'où vient la forme shakespearienne ne'er.. simple question de métrique ?
Hvor : je crois que tu veux dire ton sarcastique, si tu parles de l'anglais yeah right. La remarque en soi est ironique, mais le ton est sarcastique plutôt qu'ironique. Un ton ironique serait plutôt un ton exagéré et enjoué dans le sens de l'affirmation (en français : Oui! Mais bien sûr!!!). |
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Papou JC
Inscrit le: 01 Nov 2008 Messages: 11336 Lieu: Meaux (F)
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écrit le Saturday 31 Jul 21, 15:39 |
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Je n'avance pas, Je ne bois goutte, Je ne mange mie...
Tous ces mots en gras ont d'abord eu leur sens premier dans ces phrases. Puis, un beau jour (façon de parler), ils ont disparu au profit du seul pas qui s'est imposé dans toutes les phrases négatives.
Un ami m'a demandé pourquoi. J'avoue ne pas avoir su lui répondre. Pourtant, il doit bien y avoir une explication...
La réponse est donnée par l'Académie. |
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C&L
Inscrit le: 22 Jun 2025 Messages: 2 Lieu: Paris
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écrit le Tuesday 24 Jun 25, 12:15 |
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Le ne et le pas, ou plutôt le pas et toutes sortes de mots positifs, font penser à l'idée de Freud de la proximité des mots opposés.
"Du sens opposé dans les mots primitifs" 1910.
Il y aurait aussi une autre hypothèse dans certaines expressions comme "il n'y a pas de café", il n'y a pas serait une sorte de négation existentielle qui porterait sur l'ensemble de la phrase. Pas de café serait une négation attributive au café, qui spécifierait l'objet. Deux fonctions différentes pour cette négation dédoublée. Je ne sais pas si cela est compatible comme idée avec la linguistique. |
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Papou JC
Inscrit le: 01 Nov 2008 Messages: 11336 Lieu: Meaux (F)
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écrit le Tuesday 24 Jun 25, 18:55 |
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Je ne suis pas sûr de bien vous comprendre.
En arabe, il y a beaucoup de mots qui ont un sens et le sens contraire. On les appelle les أضداد ’aḍdād .
Mots primitifs ? Je ne sais pas, je n'ai pas creusé la question. |
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Cligès
Inscrit le: 18 Jul 2019 Messages: 926 Lieu: Pays de Loire
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écrit le Tuesday 24 Jun 25, 21:49 |
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| L'article de Freud est daté et critiqué par presque tous les linguistes modernes, dont Benvéniste. |
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Papou JC
Inscrit le: 01 Nov 2008 Messages: 11336 Lieu: Meaux (F)
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écrit le Wednesday 25 Jun 25, 4:21 |
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Eh bien je viens de lire cet article, dont j'ignorais l'existence. Je ne vois pas ce que les linguistes lui reprochent : tous ces faits sont avérés, au moins en arabe classique. Et je ne pense pas que Kart Abel ait inventé tout ce qui est dit de l'ancien égyptien.
Les mots inversés, attestés aussi, jusque dans le français des jeunes actuel : ouf pour fou, rebeu pour beur, etc.
Reste la notion de "mot primitif"...
Enfin, je ne crois pas que les outils de la négation aient quelque chose à voir avec les "contraires".
A lire dans Wikipedia un article exhaustif sur la négation, et aussi le cycle de Jespersen.
Voici quelques exemples de "contraires" en arabe :
أزر ’azr force ; contr. faiblesse
بثر baṯr nombreux ; contr. peu nombreux
بُضْع buḍ‛ mariage ; contr. divorce
تابّ tābb fort, robuste ; contr. faible
ثأثأ ṯa’ṯa’a faire boire les chameaux à leur soif ; contr. empêcher les chameaux de boire en les éloignant de l'eau
ثَنِي √ṯny – II. louer qqn, prononcer ou écrire son éloge ; contr. blâmer, critiquer ; attribuer à qqn telle ou telle chose bonne ou mauvaise
جثًامة jaṯṯāma paresseux, fainéant ; stupide, imbécile ; contr. homme très prudent
حاز ḥāza u faire marcher doucement devant soi ; contr. faire marcher vite devant soi
حَذَمَان ḥaḏamān agilité, rapidité des mouvements ; contr. lenteur dans les mouvements
خبا ḫabā u s’éteindre, se calmer entièrement (se dit du feu, et au fig., de la guerre, de la colère) ; contr. brûler (se dit du feu)
وَأْطَة wa’ṭa abîme de la mer, gouffre ; contr. élévation, éminence, hauteur
وتيرة watīra colonne isolée ; contr. suite non interrompue ou ce qui suit immédiatement et sans interruption
Etc. etc. |
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dawance
Inscrit le: 06 Nov 2007 Messages: 1899 Lieu: Ardenne (belge)
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écrit le Saturday 12 Jul 25, 9:25 |
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Un humoriste célèbre disait: Deux fois rien, ça fait quand même quelque chose !
Dans la région bruxelloise, on pourra entendre, sur un ton ironique: Non, peut-être ?, pour signifier: Oui, assurément; ce n'est pas usité en Wallonie. |
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