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Èbe et de flot (portes d') : Lorsqu'un canal débouche sur une rivière dont le niveau est susceptible de varier de façon importante, ou sur une mer soumise à la marée, et donc lorsque ce canal peut être plus bas que la rivière ou la mer, il faut placer à son débouché une écluse spéciale qui peut fonctionner quelles que soient les niveaux respectifs de la rivière ou la mer, et du canal. Pour celà, en plus des deux portes busquées ordinaires, cette écluse est équipée de deux autres portes, voisines des premières, mais busquées dans l'autre sens, le sas restant commun quelque soit le sens de fonctionnement de l'écluse. Les portes disposées dans le sens normal (pour le canal plus haut que la rivière) sont dites "portes d'èbe", et les autres (rivière ou mer plus haute que le canal) "portes de flot". Ce dispositif est très courant sur les embranchements du canal latéral à la Loire (Châtillon-sur-Loire par exemple), et sur l'ensemble du littoral (Rance, Vire, Sèvre Niortaise...). Écart :
manoeuvre directionnelle couramment employée en kayak
et canoë.
Le pagayeur plante la pagaie dans
l'eau, latéralement à lui, à la
perpendiculaire de l'axe du bateau qu'elle touche, de façon
à ce que la face active de la pale le
regarde. Puis il éloigne la pagaie de lui, ce qui a pour
effet d'écarter le bateau de la pagaie (qui est
considérée comme un point fixe), et de le faire
pivoter comme l'aiguille d'une boussole du côté
opposé. Animation : l'écart en canoë. Echarpe : dans un vantail en bois de porte d'écluse, fort madrier oblique placé entre l'entretoise haute et l'entretoise basse, dans le but de maintenir la forme rectangulaire du vantail, et éviter que celui-ci s'affaisse en son extrémité non soutenue. L'écharpe a exactement le même rôle que sur une porte ou un volet en lamelles de bois. Son extrémité supérieure est du côté du poteau busqué, et l'extrémité inférieure du côté du poteau tourillon. Echelle d'écluses : Voir "Escalier d'écluses" Échelle de crues : règle graduée fixée sur une berge, une pile de pont, un ouvrage, et étalonnée de part et d'autre à partir de la côte normale du cours d'eau, comme un thermomètre à partir du zéro. Elle permet d'évaluer l'importance d'une crue ou à l'inverse, celle d'un étiage, et de prendre les mesures en conséquences. De nos jours, ce genre de dispositif a tendance à être couplé à un système de mesure automatique qui retransmet les données enregistrées à un poste central de contrôle et de commande, via le réseau téléphonique commuté (RTC), ou par liaison hertzienne. Synonyme : limnimètre.
Echelles limnimètriques à Neuvy-sur-Loire Échelle de jaugeage : voir "jauge". Éclusage : passage d'une écluse. Synonyme de sassement. Écluse :
ouvrage d'art permettant au
bateau de franchir en douceur un dénivelé sans
quitter l'eau. Comparable à la marche d'un escalier.
Invention d'origine diffuse apparaissant vers la fin du
Moyen-Âge, en remplacement des anciens pertuis.
Le bassin à portes marinières est en
fait l'ancêtre direct de l'écluse à
sas, et on peut même le considérer comme sa
première forme. Léonard
de Vinci, à qui l'invention en
est abusivement
attribuée,
ne l'a en fait que perfectionnée à la fin du XVe
siècle. Généralement, une
écluse est rectangulaire, mais on en trouve aussi des
polygonales, rondes, etc. Celles du canal du Midi sont ovales (comme
celles du Lez). À ceci plusieurs explications, assez
farfelues, ont été avancées. La
première présente Pierre Paul Riquet, le
concepteur du canal et natif de Béziers, comme un ardent
amateur de soule, l'ancêtre de notre rugby, et il aurait
voulu honorer son sport favori en donnant à ses
écluses la forme ovale du ballon de ce jeu. Une autre
explication, tout aussi légendaire, affirme que c'est pour
rappeler la forme des olives provençales ! En fait, c'est
tout simplement pour consolider leur maçonnerie et
résister à la poussée des terres que
les écluses de Riquet ont cette forme ovale
caractéristique, qui n'est qu'une application à
l'horizontale du principe de la voûte. Mais c'est en fait un
archaïsme dont Hugues Cosnier avait
très bien su s'affranchir sur son canal de Briare, 60 ans
auparavant.
Voir des animations montrant le fonctionnement d'une écluse : Pour en savoir plus sur l'invention de l'écluse, voir l'ouvrage "Du pertuis à l'écluse". (cliquer sur le titre) Écluse à nacelle(s) : Ce terme peu clair se rencontre dans des textes anciens, de la fin du XVIIIe siècle et du début du suivant. D'après le contexte, on peut en déduire qu'il désigne ce que l'on nommera plus tard un ascenseur à bateaux. Écluse à plongeur :
système ingénieux d'écluse
proposé par l'ingénieur Bétancourt en
1807 pour équiper de canaux à petit gabarit des
régions au relief accidenté aux faibles
ressources en eau. Le but de Bétancourt étant
l'économie d'eau, son écluse à
plongeur se présente comme un sas à petit gabarit
flanqué d'un bassin
d'épargne dans lequel s'enfonce plus ou moins
profondément un caisson plongeur qui, en descendant,
restitue dans le sas l'eau de la précédente bassinée.
Sans entrer
dans les détails, la course verticale de ce plongeur est
réglée finement par l'action d'un contrepoids.
L'écluse
à plongeur telle que la présente
Bétancourt dans son mémoire. Écluse à sas mobile : Ce terme qui se rencontre dans des textes et des dessins du début du XIXe siècle désigne ce que l'on nommera plus tard un ascenseur à bateaux. Les ingénieurs Charles Forey et Robert Fulton ont beaucoup étudié ce système pour des canaux à forte pente. Écluse carrée : Il s'agit d'un ouvrage qui permet à une rivière de quelque importance de passer en syphon sous un canal quand l'établissement d'un pont-canal n'est pas possible. Elle est souvent équipée de portes ou de vannes qui permettent au canal de se déverser dans la rivière en cas de besoin.
L'écluse carrée du canal de Guînes (photo Jacques de la Garde)
L'écluse carrée d'Arques, sur le canal de Neufossé, au début du XXe siècle.
Écluse diagonale : système largement inspiré de l'écluse tubulaire de Caminada, mais qui incorpore des bassins d'épargne et se propose pour des cas particuliers et ponctuels, et non plus à l'échelle d'une liaison transcontinentale. Il est dû à l'ingénieur britannique Terry Fogarty. L'avantage par rapport à une écluse de haute chute classique (verticale) semble être une meilleure adaptation au terrain, et, par suite, des coûts de terrassements et de maçonnerie moindres. De plus, comme il est expliqué dans le site mis en lien, l'ensemble peut être recouvert et paysagé, donc d'une grande discrétion. On est donc assez loin des kilomètres de gigantesques tubulures par monts et par vaux de Caminada. Bien sûr, ce sont les Britanniques qui sont, une fois de plus, en avance d'une bonne longueur en récupérant ce qu'il y avait de meilleur dans une idée délirante... (Voir site)
L'écluse diagonale qui, connaissant les Britanniques, connaitra certainement une application prochaine. On remarque bien les bassins d'épargne répartis de part et d'autre de l'ouvrage qui, sans cela, serait extrêmement consommateur d'eau. En cliquant sur ce lien, vous verrez une animation 3D montrant le fonctionnement de l'écluse diagonale lors d'un sassement avalant. (Le chargement demande quelques secondes)
Écluse multiple : ouvrage comportant plusieurs sas successifs et jointifs pour rattraper un dénivelé important. Exemples : Rogny sur le canal de Briare, écluse septuple qui rattrapait une chute de près de 24 m ou Chavance sur le Nivernais, écluse triple qui en rattrape une de 6,70 m. C'est l'ingénieur Hugues Cosnier qui a inventé le système, et l'a appliqué à plusieurs reprises sur son grand oeuvre, le canal de Briare, à Rogny, Dammarie, Montcresson, Montargis... ![]() La plus ancienne écluse multiple au monde : l'écluse septuple de Rogny, sur le canal de Briare (1609), qui rattrapait une chute d'environ 24 m. Voir des animations montrant le principe de fonctionnement d'une écluse multiple : Écluse-puits : traduction de l'allemand Schachtschleuse pour
désigner une écluse de haute chute dont la
porte aval est constituée d'une partie ouvrante
(à deux vantaux ou à guillotine) d'une hauteur
correspondant simplement à la hauteur
libre ordinaire du canal (avec éventuellement une
petite marge supplémentaire), et d'une partie fixe au-dessus
de cette dernière, formant masque et passerelle de
manoeuvre. Ce masque est en métal ou en
maçonnerie.
Porte aval (ouverte) de l'écluse de Bourg-le-Comte, sur le canal de Roanne à Digoin. Écluse simple : Ce terme est très ambigu, car il peut désigner une porte simple, sans sas (une porte de garde par exemple), aussi bien qu'une écluse ordinaire à sas et deux portes, par opposition à une écluse multiple (voir ci-dessus). C'est le contexte qui donne le sens (et encore, pas toujours !). Écluse
tubulaire :
système d'écluse bréveté
par l'ingénieur italien Caminada, au début du XXe
siècle, en vue d'équiper un projet de canal de
Gênes à Bâle par les lacs de
Côme et de Constance, en traversant les Alpes à
1250 m d'altitude. L'écluse de Caminada se
présente comme un long tube en pente, fermé
à ses extrémités par des portes
d'écluse. Son seul avantage semble être le fait
que le bateau continue d'avancer pendant qu'il franchit le
dénivelé. Les autres avantages, s'ils existent,
ne sautent pas aux yeux : un tel ouvrage consommerait autant d'eau
qu'une écluse verticale ordinaire, et son fonctionnement
hydraulique reste flou. En outre, les frais d'établissement
d'un tel canal hypothèqueraient lourdement sa
rentabilité. Enfin, sur le plan esthétique, il
faut imaginer une suite de conduites forcées
dimensionnées pour recevoir des bateaux d'un gabarit
respectable (et eux-mêmes spécialement
équipés de galets de roulements), celà
dans le cadre des Alpes, paysage dont seraient privés les
mariniers enfermés dans leurs tuyaux...
Une
jolie éclusière du canal du Nivernais Sur ce lien : tranches de vie d'un éclusier
Par la Saône et le Rhône ! (entre nous, vous vous en doutiez, non ?) Ainsi, un des principaux atouts
de la voie d'eau fait
aussi son malheur : c'est sa discrétion. Personne ne pense
à elle ! Certes, les aménagements du Rhône
pour la navigation et la production
d'électricité, réalisés
après-guerre par la C.N.R. (Compagnie Nationale du
Rhône), ne sont pas un modèle du genre en
matière de respect et de mise en valeur de l'environnement.
Ils sont même plutôt un modèle de ce
qu'il ne faut plus faire. Car l'autre atout du transport fluvial, c'est bien sûr son très faible rapport [énergie consommée (donc pollution) / masse transportée]. Voir aussi, à ce sujet, ce diagramme très éloquent (lien) que nous empruntons au site de la Chambre Nationale de la Batellerie Artisanale. Ce vide culturel dans lequel le fluvial se trouve dans notre pays, qui fut pourtant en son temps un pionnier en la matière [1], est quand même assez désolant... Ignorance ou peur de mécontenter certains lobbies du transport ? Comment comprendre qu'une ministre de l'Environnement, responsable d'un important parti écologiste qui plus est, prenne violemment parti contre la modernisation du canal qui nous relie à l'Europe entière, et rejette toute idée d'une telle jonction à grand gabarit, alors qu'il existe plusieurs alternatives crédibles à la vallée du Doubs qu'il serait effectivement très dommage de défigurer ? Et que penser d'un ancien ministre, maire de Belfort, qui, évoquant des bateaux de type Freycinet, parle de "coquilles de noix" ? Sait-il seulement combien de centaines de tonnes la "coquille de noix" peut-elle porter, même dans un canal vétuste ? Et combien de chevaux suffisent à propulser cette même "coquille de noix" ?? Et tous ces protecteurs de l'environnement, "écologistes" convaincus, qui sautent sur leur chaise comme des cabris en répétant "Ferroutage ! Ferroutage ! Ferroutage !"[2], savent-ils seulement que ce fameux ferroutage, loin d'être la panacée universelle, revient aussi cher que le camion ? Et puis que je sache, on n'a encore jamais vu de hérons ou de martins-pêcheurs nicher au bord des voies ferrées ou des autoroutes. [3] Tandis qu'au bord des canaux... Petite
info : le supplément d'été 2006
du
magazine "Rhône-Alpes",
organe du Conseil Régional de la région
éponyme, tout entier axé sur le thème
du développement durable et à la
défense de l'environnement, affiche le transport fluvial en
grand sur sa couverture, et lui consacre une page entière
à l'intérieur, en présentant un couple
de mariniers rhodaniens, les Touzelet, qui
exploitent "Macarena", un automoteur
de rivière de 74 m et portant 835 tonnes. Nous
nous réjouissons de ce que cette région
réalise qu'elle porte, en son nom-même, celui de
sa plus importante voie de communication. Il est toutefois reconnu dans
l'article que le Rhône porte un trafic cinq fois
inférieur à son potentiel. Mais
Rhône-Alpes est dans la bonne voie (d'eau). Continuons. ![]() Panneaux d'écoutille. Écubier :
trou tubulaire ménagé dans la coque au niveau
de l'épaulure
pour rejoindre les veules et
le treuil, à
l'avant et à l'arrière, dans lequel passe la
chaîne d'ancre qui maintient ainsi cette dernière en place. Cet
équipement n'apparaît en fluvial qu'avec la
motorisation des bateaux, soit au cours du XXe siècle.
Écusson : emplacement de la devise. Égouttiau : écope à long manche. Élévatoire
(usine) : station de pompage établie sur une rivière et destinée
à en refouler l'eau jusqu'à un point plus haut du
canal, souvent le bief
de partage, pour en complèter l'alimentation.
Exemples : Briare (canal éponyme),
Villers-lès-Rigault (canal de l'Ourcq),
Condé-sur-Marne (canal de l'Aisne à la
Marne). Empannage, empannon
: sur les bateaux
de Loire, nom donné au safran de la piautre. À rapprocher de "empennage" utilisé en
aviation. Enclave de vantail.
Endioter :
sur le lac Léman, enfoncer dans la vase. Engraver (S') :
s'échouer sur un haut-fond.
Généralement, on n'aime pas trop.
Entretoise : dans une porte d'écluse
en bois, fort madrier horizontal
constitutif de la charpente du vantail, qui relie le poteau
tourillon au poteau busqué. Il
y a
l'entretoise haute, l'entretoise basse, et une entretoise
médiane pour la porte amont, et deux ou trois entretoises
médianes pour la porte aval, plus haute. Synonyme :
"Traverse".
Épauler :
heurter un obstacle avec l'épaulure, en entrant dans une
écluse par exemple.
Épi : digue submersible ou chevrette établie perpendiculairement ou obliquement au courant d'une rivière et sur une partie de sa largeur, dans le but d'en resserrer le chenal et d'augmenter ainsi le mouillage pour la navigation. Effet secondaire gênant : cela augmente la vitesse du courant, et la navigation nécessite un moteur assez puissant. La basse Loire est ainsi aménagée, ainsi que le Rhin dans sa traversée de l'Allemagne. ![]() Epis sur la Midouze (Manuel de l'ingénieur De Bauve 1878). Épissoire : Outil servant à la confection d'une épissure.
Épissure : Réunion de deux cordages par tressage des torons
entrelacés. ![]() Epontilles (maquette de bateau de Loire)
Équipe : ce mot désigne à l'origine,
sur la Loire, un
convoi ou train de chalands montants
solidarisés ensemble en file indienne pour conjuguer les
énergies de tous les hommes d'équipage. Par
extension, ce mot s'est appliqué à l'ensemble
formé par les équipages réunis.
L'intérêt de cette méthode est de
permettre de pouvoir concentrer les hommes sur les points du train
où un renfort d'énergies est
nécessaire, comme lors d'endrémages de
ponts. L'escalier d'écluses de Sardy, sur le canal du Nivernais (Photo F.de Person) Escapichot ou escapuchotte : dans les bateaux de l'Adour, grand coffret de rangement des affaires personnelles, ou même abri à l'arrière du bateau. Le mot vient peut-être de la forme en capuche de cet aménagement. ![]() Escapuchotte d'une galupe.
Escaude
: petite barque des marais de la Gironde.
Etaler un bateau (Photo Guy Adam)
Étricot
: sur la péniche (en bois),
partie haute de la bordaille,
d'environ 50 cm, boulonnée sur les clans.
Les planches de bordés étaient clouées. Évent : dans une écluse munie de tunnels de remplissage, conduit ménagé entre le tunnel et l'air libre (le plateau de l'écluse), afin de permettre à l'air emprisonné lors de l'ouverture de la vanne de s'échapper.
Éveules : synonyme de "veules". |
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